Une évaluation des résultats du traitement de la toxicomanie en Afghanistan

Fond

L’Afghanistan est resté l’un des plus grands producteurs et exportateurs d’opium. La production d’opium représente 7 % du produit national brut (PNB) estimé de l’Afghanistan et entre 20 % et 32 % du PNB total en incluant le trafic de drogues illicites (ONUDC/MCN, 2017). Les ravages de la guerre et de la pauvreté ont probablement contribué à l’augmentation des niveaux d’abus de drogues illicites en Afghanistan (Département d’État des États-Unis, 2011).

Le Bureau of International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL) du Département d’État des États-Unis, en partenariat avec le Colombo Plan Drug Advisory Programme (CPDAP), a commencé à financer l’exploitation de plusieurs centres afghans de traitement de la toxicomanie en 2005. Un réseau de 103 centres de traitement de l’abus de drogues (DAT) à travers l’Afghanistan fournit des services de traitement résidentiels, ambulatoires et à domicile aux Afghans. Le PCDAP a formé le personnel du centre aux huit cours de base et dix cours avancés du Programme de traitement universel (UTC), ainsi qu’à un suivi de qualité, à une formation opérationnelle et à une assistance technique (avec l’aide de l’ONUDC). Une évaluation effectuée par le Pacific Institute for Research and Evaluation (PIRE) en 2012 a révélé des réductions significatives de la consommation de drogues illicites, des conséquences sur la consommation de drogues et du comportement criminel des patients qui ont terminé un traitement résidentiel.

En raison des changements sociaux rapides et de la croissance du système de traitement afghan, PIRE, en collaboration avec le PCDAP, a mené une deuxième évaluation entre 2015 et 2018. L’étude avait des objectifs similaires d’examiner les changements dans la consommation de drogues illicites et le comportement criminel en raison du programme, mais a en outre cherché à examiner si les résultats du traitement variaient selon le sexe, la modalité de traitement, et le sponsor du centre (ONG ou MoPH).

Méthodes

Un échantillon de probabilités de 32 centres afghans de DAT, situés dans 18 des 34 provinces afghanes, a participé à cette évaluation. Six des centres de DAT échantillonnés ont servi des femelles et 26 ont servi exclusivement des hommes. Dix-huit centres dat ont utilisé un résidentiel, 11 ont utilisé un basé à la maison, et trois ont utilisé une modalité de traitement ambulatoire. Les clients interrogés au départ se composaient de 1 022 clients dans un délai d’un à cinq jours après avoir terminé la désintoxication. Huit cent soixante-cinq (865 ou 85%) ont été ré-interviewés 12 mois plus tard après avoir terminé le traitement primaire (et la plupart du traitement secondaire). Des dépistages de drogues urinaires ont également été effectués auprès de tous les clients. La consommation de drogues a été définie par des données d’auto-rapport, puis corrigée par des données d’écran d’urine si l’écran d’urine indiquait que l’utilisation s’était effectivement produite.

Résultats

Il y a eu des baisses substantielles des substances illicites, y compris les opioïdes et les méthamphétamines, un an après le traitement. Ces effets étaient vraisemblablement dus au traitement utc reçu par les clients.

Faits saillants

  • Diminution de 30 % (de 100 % à 70 %) drogues illicites un an après le traitement primaire
  • Les hommes (diminution de 27 %) et les femmes (diminution de 48 % ) ont connu une forte diminution de toute consommation d’alcool et d’autres drogues qui n’était pas significativement différente.
  • Clients en résidence (66 %), en consultation externe (70 %) et à domicile (79 %) les centres de traitement ont montré des niveaux semblables d’utilisation de n’importe quelle drogue illégale au suivi ; toutefois, la preuve est légèrement biaisée vers la faveur des centres résidentiels.
  • Différences minimales dans les résultats du traitement dues à l’ONG ou par MoPH étant l’opérateur du centre de traitement.
  • Réduction de 80 % des crimes graves et de 45 % des crimes non graves à l’achèvement du traitement.

RÉSUMÉ & RECOMMANDATIONS

Les résultats de l’évaluation du traitement de l’abus de drogues en Afghanistan montrent un changement positif (c.-à-d. des réductions statistiquement significatives) de la consommation de drogues illicites et du comportement criminel. Nos résultats suggèrent que même si les réductions des drogues illicites avaient tendance à être plus importantes chez les femmes que chez les hommes, les deux sexes ont montré une forte diminution de la consommation de drogues. Des réductions significatives de la consommation d’alcool et d’autres drogues se sont produites dans les trois modalités de traitement (résidentielle, ambulatoire et à domicile). Les différences dans la modalité de traitement ont tendu à favoriser le traitement d’hospitalisé mais étaient semblables dans l’ensemble. Sur la base de ce qui précède, nous faisons les recommandations suivantes.

  1. Les centres DAT devraient offrir des services continus de traitement et de sensibilisation aux anciens clients qui rechutent.
  2. L’accent devrait continuer d’être mis sur l’assurance que les clients terminent le traitement primaire et secondaire.
  3. S’assurer que le personnel du Centre DAT a un accès continu à la formation sur les cours de base et avancés de l’UTC.
Citation
https://louisville.pire.org/project/outcome-evaluation-of-drug-treatment-in-afghanistan/
Publication Date
Country
Afghanistan